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Rencontre au Théâtre National de Strasbourg

Le 15 novembre, nous sommes allé•e•s au TNS, rencontrer Briac Jumelais et découvrir une des salles de cet imposant bâtiment, prête pour accueillir la pièce Architecture le soir même sur scène. Nous avons pu découvrir la galerie avec les portraits de tous les artistes associés, et nous nous sommes installé•e•s dans le hall de l’entrée principale, tous autour d’une table entre deux colonnes de marbre.

Le Théâtre National de Strasbourg, créé en 1968, fait partie des 5 théâtres nationaux (il est le seul à se situer en dehors de Paris). Il a comme mission de promouvoir l’école supérieure d’art dramatique de Strasbourg et l’enseignement du théâtre de manière générale.
En 1952, l’Etat et la Municipalité de Strasbourg décident de réhabiliter le bâtiment du conservatoire pour le Centre Dramatique de l’Est. En 1954, le centre dramatique et l’Ecole supérieure d’art dramatique de Strasbourg prennent possession des lieux. Suite à l’intervention d’André Malraux en 1968, il devient théâtre national.


Le théâtre National de Strasbourg
(image libre de droits)   
Programmation de la saison 2019 2020

 

Son directeur actuel est Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène, et quatre-vingt-dix-sept employé•e•s y travaillent à temps plein.
Nous avons pu rencontrer Briac Jumelais, secrétaire général, dans les locaux au 1, avenue de la Marseillaise.
Il nous a présenté le théâtre et ses missions actuelles, notamment concernant la diversité sociale sur scène et dans les salles. 


La diversité entre Cour et Jardin

« Vous avez entre 18 et 26 ans ? Vous suivez une formation théâtrale et vous souhaitez vous professionnaliser en tant qu’acteur/actrice ? Vous avez fait l’expérience de la discrimination dans votre parcours artistique ? ». Telle est l’accroche de l’appel à candidature du programme 1er Acte, initié en 2014 par Stanislas Nordey afin de promouvoir une plus grande diversité sur les scènes théâtrales françaises. Ce programme consiste dans la mise en place d’ateliers gratuits, dirigés par des artistes renommé•e•s, pour de jeunes acteurices ayant déjà été victimes de discrimination, afin de leur offrir un tremplin dans leur parcours professionnel.
Monsieur Jumelais nous a également donné l’exemple d’un spectateur noir dans la salle, qui, spectacle après spectacle, verrait qu’il est le seul non-blanc, et finirait par trouver sa place illégitime, et finalement par ne plus fréquenter le théâtre. Le Théâtre National de Strasbourg œuvre donc pour en finir avec la monochromie des salles et des plateaux.
Une remarque a été proposée concernant le fait de s’intéresser davantage à la diversité visible qu’aux diversités sociales. Monsieur Jumelais nous a alors parlé de la classe préparatoire à Mulhouse, née de l’association du TNS, de la scène nationale La Filature, de l’université de Haute Alsace et d’une compagnie de théâtre, qui prépare de jeunes comédien•ne•s aux concours des écoles nationales de théâtre et base sa sélection sur des critères sociaux.
Une nouvelle remarque a alors été faite à propos de l’offre artistique liée à cette volonté de diversification. En effet, le théâtre défendu par le TNS et notamment par Stanislas Nordey est un théâtre d’art, basé sur le texte et l’écriture contemporaine, ce qui peut lui renvoyer une image de théâtre élitiste, et peut sembler concorder difficilement avec une démocratisation de l’offre théâtrale.
Monsieur Jumelais a reconnu que la démarche de programmation n’était pas forcément liée à la démarche de diversification, mais que le TNS proposait parallèlement à sa programmation l’ « Autre saison », un cycle d’événements gratuits composé de spectacles « Autrement », d’événements de l’école, de cartes blanches aux artistes…

Une autre remarque a été adressée à Monsieur Jumelais concernant la mise en place du Pass Culture et l’augmentation ou non de la fréquentation du théâtre par les jeunes. D’après notre interlocuteur, le Pass Culture n’a pas eu d’effet sur l’augmentation ou non du public jeune dans la salle, et celui-ci se questionnait d’ailleurs sur la véritable utilité de ce pass.

De manière générale, Monsieur Jumelais reconnaissait que les effets des nouvelles mesures lancées par le théâtre (et beaucoup d’autres institutions théâtrales en France) étaient encore peu visibles, et qu’elles auraient seulement un effet sur le plus long terme.

La participation du public (abonnés, non abonnés, public potentiel…)


En 2018, pour les 50ans du TNS, le théâtre a mis en place le QuestionnaireTNS 2068, pour ouvrir une réflexion commune sur l’avenir de la vie culturelle et artistique de ce lieu, ainsi que de l’art dramatique de manière générale. Ce questionnaire a été diffusé par des publications, des affiches, les réseaux sociaux, pour partager et ouvrir des réflexions poétiques et politiques. “Penser ce que nous faisons et ce qu’il conviendrait de faire dans les temps à venir, examiner nos chances d’accomplissement et d’épanouissement, étudier le champ du possible, c’est une façon de célébrer, à contre-courant, le cinquantenaire d’une grande institution nationale”, indique le théâtre dans le document de présentation du questionnaire. Il s’agit donc de s’ouvrir à la diversité humaine, sans oublier ceux qui ne viennent pas au théâtre, pour penser et imaginer ensemble l’avenir du théâtre. Certaines de ces questions et réponses sont déjà affichées dans le hall, et ne manquent pas d’originalité, de poésie et de créativité.


Plus d’informations sur le site du TNS : https://www.tns.fr/