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Les Grands Débats des Biennales Internationales du Spectacle

Moments de mobilisation intellectuelle sur l’état de la culture, les débats des Biennales Internationales du Spectacle sont l’occasion pour tous les professionnels du spectacle et les futurs professionnels d'aborder les grandes problématiques culturelles. Autour de Jean Marc Bador, directeur de l’Orchestre de Bretagne, Françoise Benhamou, professeur à l’Université de Rouen, Jacques Blanc, directeur du Quartz Scène nationale de Brest, Robert Lacombe, directeur de S/z productions, Thierry Pariente, délégué théâtre DMDTS, Jean Jack Queyranne, président du Conseil régional Rhône Alpes et Jean Claude Wallach, auteur de ‘La culture, pour qui ?’, se sont réunis autour du thème suivant: Démocratisation culturelle. Les mythes, les réalités, sur la scène de la cité des Congrès de Nantes. A l’heure où N. Sarkozy prône sa politique de civilisation et s’affiche à Disney, le Times Magazine titre ‘La mort de la culture française’. Selon les pourfendeurs de la démocratisation culturelle, les objectifs fixés par le Ministère de Malraux n’ont pas été atteints. Il nous faut reposer la question de la démocratisation culturelle dans un contexte sociétal profondément changé. Selon JC Wallach, la recherche d'un sens culturel est primordiale, pour accompagner chaque individu à construire sa propre relation à l’art et à la culture. La société a changé et le couple création/diffusion doit évoluer vers la dialectique création/accompagnement. Ainsi, le numérique installe un processus de désintermediation qui permet à chacun de devenir créateur lui-même. Repenser les raisons d’une démocratisation de la culture afin d’obtenir de nouvelles méthodologies valables dans une société qui a connu de profondes mutations depuis l’ère Malraux est un travail qui reste encore à realiser. Une analyse de la démocratisation culturelle ne doit donc pas se réduire à la culture du résultat mais privilégier une approche plus qualitative.

Politiques culturelles, évolutions ? Nouveaux modèles ? Une question qui vient clôturer la série des débats 2008 des BIS. Selon Guy Saez, spécialiste de l’analyse des politiques culturelles, nous sommes passés de l’exception culturelle à la diversité culturelle, de l’aristocratie à la médiocratie ce qui engendre des pratiques culturelles décomplexées à l’égard de la politique, de plus en plus désidéologisées, segmentées par génération, généralisées, intemporelles et déspatialisées. Le défi d’un renouvellement des politiques culturelles est d’autant plus grand. Deux recompositions semblent possibles. D’une part, mettre fin au dualisme administration et politique afin de mieux articuler les systèmes régionaux, territoriaux et étatique. D’autre part, s'inspirer du modèle anglo-saxon qui ne considère pas la culture comme objet d’une politique specifique mais comme volet de la vie. Les modèles latins et scandinaves ont egalement beaucoup à apprendre au ;odele culturel francais? Ainsi, les Entretiens de Valois, l’équivalent du Grenelle de l’environnement, exigés a Mme Christine Albanel pour la culture, sont sous la direction de Francois Le Pillouer, directeur du théâtre national de Bretagne à Rennes et président du Syndeac. Ces entretiens apportent un nouveau souffle à la réflexion sur les politiques culturelles actuelles et à la nécessité de les refondre. A suivre à partir du 1er février.

Pauline Gacon