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Le musée des Beaux-Arts d'Angers

Rencontre avec Ariane James-Sarazin, directrice des musées d’Angers

C’est dans le cadre d’un voyage universitaire à Angers, du 3 au 5 décembre 2015, que la promotion 2015-2016 du Master 2 professionnel « Conduite de projets culturels et connaissance des publics » a pu découvrir les musées d’Angers et notamment le musée des Beaux-Arts, sous la direction d’Ariane James-Sarazin.

Le musée des Beaux-Arts d’Angers, musée municipal depuis 200 ans, investit l’hôtel particulier Logis Barrault, qui fut édifié entre 1486 et 1493. Grâce aux récentes restaurations, par des travaux qui ont duré 5 ans, le site a connu d’importantes transformations et agrandissements. Le musée, qui a réouvert en juin 2004, propose désormais une nouvelle surface d’exposition de 3 000 m2 ; des parcours permanents consacrés aux Beaux-Arts et à l’Histoire d’Angers ; une salle d’exposition temporaire de 550 m² ; un cabinet d’arts graphiques ainsi qu’un espace dédié aux réserves de 1000 m2. Il possède également son jardin, le Jardin du musée des Beaux-Arts qui appartenait à l’origine à l’abbaye Saint-Aubin, construite vers l’an 534. Il concilie désormais l’histoire et la création, la muséographie la plus moderne sans oublier le confort des visiteurs. Le musée est administré par la mairie d’Angers. De plus, il est “classé et contrôlé” par le ministère de la Culture et a également été classé par le Journal des arts meilleur musée du Grand Ouest et quatrième musée de France (hors Paris) en 2010.

Depuis le 15 octobre 2012, le musée des Beaux-Arts se trouve sous la direction d’Ariane James-Sarazin, tout comme les cinq musées d’Arts et d’Histoire de la ville d’Angers. Les cinq sites (la galerie David d’Angers ; le musée-hôtel Pincé qui est fermé depuis 2005 ; le musée Jean-Luçrat et de la tapisserie contemporaine ; le musée – château de Villevêque ainsi que le Muséum d’histoire naturelle) sont fédérés par l’unicité et la cohérence des créations exposées. Par ailleurs, tous ces musées sont classés “monuments historiques”.

Depuis 2002, le récolement d’inventaires est devenu obligatoire pour les musées. Cette opération, de contrôle de la présence des pièces dans les collections, est chronophage et nécessite des moyens financiers importants. En effet, les cinq établissements d’Angers regroupent plus de 50 000 pièces à traiter. La conservatrice a ainsi lancé un appel aux bénévoles et mis en place le “récolement bénévole”. Le caractère inédit de cette initiative participative permet à la fois des coûts moindres pour la structure mais aussi une sensibilisation et formation auprès des volontaires. Les 85 bénévoles formés, en termes de méthode et de manipulation des oeuvres, en ont déjà traité près d’un tiers. Cette opération concilie aussi une action de médiation culturelle en offrant la possibilité d’un accès privilégié aux oeuvres, pour les bénévoles.

Dans la même dynamique de diffusion de l’art contemporain auprès du plus grand nombre, l’Arthothèque d’Angers, parmi les 20 autres implantées en France, est un outil culturel remarquable. Il permet d’offrir une rencontre directe entre une œuvre d’art et les usagers du lieu. Cette structure, dotée d’une collection d’œuvres d’art originales est enrichie régulièrement et prêtée à un large public (dont 18 112 particuliers, 34 établissements scolaires et 15 entreprises), à la manière d’une bibliothèque.

Julie Guillemant, médiatrice au département des publics, nous a présenté le projet BD transmédia mis en place par le musée des Beaux-Arts d’Angers. Il s’agit là d’un outil numérique qui permet d’appréhender un sujet, une histoire sous un nouvel éclairage : de manière ludique et interactive. Ceci est notamment rendu possible par l’utilisation d’un mode de narration et d’un format original. La BD, intitulée “Le portrait d’Esther”, est une fiction historique destinée aux jeunes de 15-18 ans. Elle cherche plus largement à sensibiliser le grand public à l’histoire des oeuvres d’art spoliées par les nazis, durant la seconde guerre mondiale, en France. En effet, 60 000 oeuvres ont été destituées mais 74 % d’entre-elles ont été restituées après la guerre.  Cependant, 13 000 demeurent sans propriétaire et 2 000 ont été placées sous la garde des musées de France. Ces musées, nommés musées nationaux récupération (MNR) communiquent afin de faciliter la restitution de ces oeuvres. “Le portrait d’Esther” est disponible sur internet gratuitement.

Enfin, lors de notre séjour à Angers le jeudi 3 décembre, nous avons pu participer à “La nuit des étudiants” au musée des Beaux-Arts. Ce rendez-vous, donné aux étudiants angevins de 19h00 à 1h00 du matin est en accès gratuit sur présentation de leur carte d’étudiant. Cette année, pour la 11e édition “ La grande évasion : voyage, road movie et odyssée” les étudiants ont investit le musée avec au programme : des performances plastiques et de la musique. Ce moment festif permet aux étudiants de se rapproprier les lieux et de découvrir le musée sous un nouveau jour. Accompagnés par des médiateurs, ils peuvent ainsi découvrir ou redécouvrir les oeuvres présentées grâce, notamment, aux interventions des médiateurs qui permettent d’échanger et de dialoguer sur l’histoire de ces dernières.

Depuis notre départ, Arianne James-Sarazin a quitté la direction du Musée des Beaux-arts d’Angers. Le nouveau conservateur n’est pas encore arrivé à la direction du Musée des Beaux-arts.

Informations pratiques

http://musees.angers.fr
14 Rue du Musée,
49100 Angers

GANDON Cyrielle & MICHEL Aphrodite