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Le KLAP Maison pour la danse

Nous avons été accueillis par le chorégraphe Michel Kelemenis et son associé M. Meheust dans le grand hall du KLAP – Maison pour la Danse ouverte en 2011. Dans un premier temps, le chorégraphe nous a présenté sa compagnie, créée sur Paris en 1987, ainsi que les missions et les envies qui l’ont poussé à s’implanter dans une structure. Puis son associé à prit le relai pour nous parler plus en détail de la politique des publics et de la structure au cours de sa visite.

La Compagnie Kelemenis :

La compagnie est seulement composée d’un bureau fixe. Les danseurs quant à eux, sont associés aux projets mais ne font pas partie de la compagnie comme élément permanant. Rapidement, l’envie de créer des projets de coopération culturelle à l’étranger s’impose à la compagnie Kelemenis, ce qui donnera lieu en 1994 à une collaboration qui perdure aujourd’hui avec une troupe d’Afrique du Sud. En 1999, s’impose la nécessité d’un « outil », d’un espace de travail et de réflexion artistique. La ville de Marseille met à leur disposition un studio. Comme le temps de création d’un  spectacle est relativement court (4mois), Kelemenis offre de partager cet « outil » avec d’autres compagnies chorégraphiques de manière gratuite. Elles doivent tout de même répondre à la question suivante : « Quelles ouvertures ces compagnies proposeraient-elles ? ». Les réponses prennent des formes multiples : rencontres avec les danseurs et les chorégraphes, répétitions ouvertes, ateliers de danse proposés pour un prix très bas etc.

En 2007, la ville de Marseille décide de faire confiance une fois de plus au chorégraphe et de financer un centre de danse en résidence, c’est le début du KLAP, Maison pour la Danse. Le chorégraphe le conçoit comme un lieu d’échange avec le public, avec les artistes et avec le quartier.

Le KLAP est un lieu de création et de représentation qui a déjà accueilli 120 compagnies.

LE KLAP :

Le KLAP n’est pas un projet de Marseille-Provence 2013 mais il a bénéficié du souffle culturel apporté par l’effervescence de la Capitale Européenne de la Culture.

Le terme « Maison pour la Danse » est important pour l’identité du lieu. Le chorégraphe veut souligner qu’il ne s’agit pas d’un lieu de diffusion, que ce n’est pas un centre de danse s’inscrivant dans la ligné des autres, mais bien un lieu de création et de production.

Le KLAP met en place 3 lignes de projet :

  • Il propose une résidence de finalisation scénographique et lumière pour les compagnies de danse
  • Il finance et défraye les compagnies tout en s’occupant de rassembler le public pour une avant-première
  • Il apporte un support matériel

Son objectif est de faire venir à Marseille des projets en cours de réalisation en lien avec le financement d’aide à la création de la ville. Le KLAP a été désigné pour diriger de jeunes artistes et les accompagner.

Kelemenis a créé son festival en 2012 à Marseille « Plus de Danse à Marseille » dont chaque édition est et sera régie par une thématique particulière ou une personnalité. (L’année dernière le thème était : « Résonnance Bagouet », celui de cette année est « Les centenaires de Nijinski »). Les spectacles se déroulent au sein du KLAP – Maison pour la Danse.

L’équipe et le financement :

L’effectif réduit de l’équipe, sept membres d’administration en charge de l’action culturelle, de la coordination de l’ensemble des projets et des aspects pratiques de la « maison », permet une organisation plus vivante. En parallèle de l’accueil des compagnies, le KLAP établit aussi une ligne de programmation, bien que le KLAP n’a pas d’objectif de billetterie ni de remplissage.

Avant le KLAP, la compagnie Kelemenis avait un financement de 550 000€, avec le KLAP, celui à doublé en deux ans grâce au soutien financier de la Ville, de la Région et des différentes collectivités territoriales. Le reste de son financement provient exclusivement de ses créations.

Le financement du projet KLAP : 3,7 millions d’euros. L’architecture du lieu, en lien avec l’architecte, a été pensée par Kelemenis qui, en tant qu’auto entrepreneur, souhaitait créer un lieu à son image. Le bâtiment a gardé un côté « standard » et une façade de quartier car le chorégraphe voulait que le lieu puisse conserver son histoire et son identité dans le quartier. L’architecte Guillaume Beccaria a conçu l’intérieur du KLAP comme une boite dans le bâtiment d’origine.

Les publics :

En deux ans, le KLAP a accueilli 20 000 spectateurs. Et pourtant, en s’installant dans le quartier de Saint Moron, l’un des plus pauvres de Marseille, la partie n’était pas gagnée. Grâce à une politique de public très poussée, il semblerait que la Maison pour la Danse ait réussit à s’implanter dans son quartier. Les actions de médiation culturelles sont :

  • D’abords, lors du chantier ont été organisé des visites à l’échelle du quartier, un travail de photographie autour d’un chantier avec le collège, une journée d’inauguration « off » exclusivement proposée aux personnes du quartier pour qu’ils s’approprient le lieu. Cette inauguration a été aussi l’occasion d’organiser sur une semaine des spectacles jeunes publics.
  • Une cinquantaine d’atelier de danse contemporaine sans inscription ni engagement de longue durée avaient également été mis en place et environ 250 personnes y ont participé.
  • Le quartier est toujours convié aux générales mais les habitants ne se déplacent pas d’eux-mêmes pour venir réserver des places malgré la politique tarifaire mis en place : les spectacles sont gratuit ou à 5€ en tarif unique.

Sur l’année, le KLAP compte près de 1 000 enfants et étudiants engagés dans des ateliers. L’action culturelle à destination du jeune public au sens le plus large du terme, de la maternelle jusqu’à l’université, se fait en lien avec leurs parcours pédagogiques respectifs. Une classe à horaires aménagées est aussi mise en place dans un collège menée par des artistes chorégraphiques. S’ajoute à cela, une programmation spécifique jeune public deux fois par an accompagnée de rencontres avec les danseurs et des ateliers de danse parents-enfants plus personnel.

En deux ans 226 ouvertures publiques ont été réalisé avec un retour toujours positif des artistes et des collectivités.

Visite du lieu :

Le KLPA est composé de deux studios :

  • Le petit studio de 180 m ²
  • Le grand studio entre 280-300m ²

D’une salle de création avec une très bonne acoustique. L’entrée de cette salle est placée sous l’effet de la surprise : un couloir sombre qui va en rétrécissant. De fait, on ne s’attend pas aux volumes important de la salle de création. Le placement des spectateurs a été réfléchi afin qu’on puisse tout voir de partout avec une capacité d’accueil de 220 à 250 personnes environ.

Enfin, le hall d’accueil lui-même est un lieu de réception, d’exposition et de performance.

Léa Ruellan