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LA STATION à Nice

Après deux jours de visites intensives, dernier arrêt à la Station pour faire le plein  d'informations. La Station, lieu dédié à l'art contemporain est un projet élaboré il y a 15 ans par des artistes issus de la Villa Arson,.  C’est Cédric Teisseire, artiste et co-fondateur du lieu qui nous a accueilli et guidé durant cette visite, répondant avec sympathie à nos nombreuses questions.

I) LE LIEU COMME ESPACE DETERMINANT

Ce collectif d'artistes a monté son projet autour de différents lieux, essentiels à sa réussite, devenant ainsi partie intégrante de ce dessein de faire connaître l'art contemporain. En effet, la Station tire son nom du premier lieu que les artistes avaient trouvé: une station service désaffectée. Ensuite, le Centre universitaire hospitalier leur prêta gracieusement un espace dans lequel ils restèrent 13 ans et que le CHU réclama en 2008 pour projet hospitalier. Dès 2009, ils intégrèrent à l’invitation du Maire, la Halle Sud du chantier Sang Neuf. Avec pour chef de projet Mme Sophie Duez, ce programme vise à la restructuration des anciens abattoirs de Nice occupant 40 000 m2 de terrain et 20 000 m2 de bâtiment, pour en faire une plateforme dédié à l'art.

Lorsque nous pénétrons dans la Station, l'endroit est à couper le souffle aussi bien par l'immensité du lieu, que par les murs de béton brut, la hauteur sous plafond ou encore le caractère industriel marqué par exemple par les rails des anciens abattoirs au plafond. La Station à elle seule, compte 350 m2 d'accueil pour le public sous forme de galerie, 700 m2 d'atelier dont 2 studios sons, soit une surface d'environ 1000 m2.

II) MISSIONS ET FONCTIONNEMENT

La station qu'est-ce que c'est ? : un lieu de production, de création et de promotion, d'exposition de l'art contemporain. L'idée n'est pas de montrer les artistes mais leurs créations, leur travail.

C'est aussi un lieu axé sur l'échange et le partage, notamment par son intégration dans divers réseaux. La Station est membre du réseau BOTOX[S], association qui mutualise les informations sur l'actualité de l'art contemporain à Nice et aux alentours, et appartient également à un système de réseau et d'échange en Europe et jusqu'au Québec.

Mais si la Station « carbure », c'est bien grâce au soutien qu'elle reçoit. En effet, depuis son ouverture, les financements sont en hausse, (passant de 60 000 Frs à 50 000 € de budget par an) et les partenaires plus nombreux. La force du lieu se manifeste également par l'investissement de la douzaine de personnes qui y travaillent, par la communication sur le lieu, mais aussi par son public brassé qui ne décompte pas moins de 10 000 personnes depuis l'ouverture.

III) LA PROPOSITION CULTURELLE

Lors de notre visite, nous avons eu la chance de voir l'exposition Que sera sera II, rassemblant diverses œuvres d'artistes suisses, grâce à un échange avec le CAN, Centre d'Art de Neuchâtel en Suisse. Une des œuvres majeures de l'exposition est, entre autres, celle de Sara Masüger, qui s'intitule Musée national Marc Chagall 8 octobre 2011. L'artiste écoute les visiteurs parler dans les musées et retranscrit leurs paroles en glaise sur le mur, mots qui se décollent au fur et à mesure du temps. Retenons aussi les divers espaces que Cédric Teisseire nous a permis de découvrir, tels que l'ancienne chambre froide des abattoirs, ou encore un autre atelier où les œuvres couvrent sol et mur. Il nous a également expliqué sa démarche artistique, qui consiste à valoriser l'excédent de peinture, aussi bien par les coulures faites à la seringue ou encore les flaques de peinture solidifiée. Au travers de cette visite, on retrouve bien les missions principales de la Station que sont l'échange, la création et l'exposition.

 

Ce que l'on peut retenir de la Station, c'est qu'elle est le fruit ou plutôt se nourrit d'une émulation entre artistes, réseaux et lieux.