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La Minoterie

Lieu ressource pour le théâtre jeune public

Pour suivre tous les projets et actualités du lieu :
http://laminoterie-jeunepublic.fr

 

C’est Agathe Lorne, assistante du directeur Christian Duchange, qui nous accueille et nous fait une visite des lieux.
On pourrait se croire sur un grand plateau de jeu en bois, immense et épuré. Pour la petite histoire, nous sommes dans un ancien dépôt d’uniformes militaires réhabilité, d’où la hauteur des plafonds, les structures métalliques et de pierres solides. Une seconde naissance  pour ce lieu avec de la couleur dans le mobilier d’abord, créé spécialement pour les enfants et pour être transportables rapidement. Viennent se rajouter au plafond des créations réalisées par une trentaine de femmes en atelier et qui émerveillent les yeux de ceux qui passent la porte.

 

La philosophie de la Minoterie et de son directeur

L’ouverture et la renommée du lieu sont également dû à la présence de Christian Duchange aux commandes. Ancien professeur des écoles reconverti en metteur en scène de théâtre reconnu, c’est en plus de sa compagnie, qu’il met un point d’honneur à mettre l’échange et l’accompagnement au coeur de la structure.  

C’est lors d’une conférence en décembre 2016 à Paris sur les politiques culturelles, que l’on peut retenir ses mots qui donnent une idée de la volonté de Christian Duchange :

« Il y a un véritable enjeu dans la rencontre entre l’art et l’enfant, un travail d’accompagnement des « autres adultes » que les professeurs mais ce que l’on pourrait appeler les passeurs d’art, et ils sont nombreux. Pour arriver à une éducation artistique intéressante et un avoir un effet réflexif il faut trois choses : voir, faire et interpréter. Aujourd’hui il y a une tendance à confondre l’uniformité et l’universalité. L’uniformité tue la singularité et cela pose vraiment la question de ce que l’on montre à l’enfant et qui décide de cela? C’est une bagarre de la singularité pour ne pas perdre de vue les rêves enfouis. Souvent on me parle de la formation des spectateurs de demain alors qu’il faut être attentif à leur présent, ce qu’ils sont maintenant.  »

Il citera plus tard un philosophe qui lui parle beaucoup, François Julien qui n’oppose pas les objets culturels ni ne les classe. Cela peut faire écho à la nature de ce lieu particulier qu’est la Minoterie qui surprend parfois son public en proposant des visites de tous ce qui compose les coulisses plutôt que des spectacles en tant que tel.

 « L'identité range, l'écart dérange » , explique le philosophe, qui affirme défendre plutôt les « ressources culturelles ». « Mais défendre ça signifie activer les ressources, les activer et les exploiter », ajoute-t-il. Ces phrases soulèvent peut être le débat autour des subventions que l’état, le département et la ville peuvent mettre afin de favoriser ce lieu ressource, tant voulu par le Ministère de la Culture.

 

Quelques mots sur le principe de fonctionnement du lieu

A la base, le projet était de créer un lieu de résidences pour artistes de théâtre "jeune public". Des compagnies locales et régionales ont été intéressées par les différentes propositions de résidences, même sans prise en charge de l’hébergement. A la bonne surprise générale, l’aventure a pris de l’ampleur car le lieu répondait à une réelle demande et à un manque. 

Concrètement et non sans risque, c’est après une drastique sélection de 25 dossiers sur environ 80 de reçus, que Christian choisis les artistes qu’il accompagnera. Avec son équipe, c’est autant l’exigence que la bienveillance qui veulent raisonner dans ce lieu. 

 

 

  • Résidence "jeunes compagnies d’artistes en création, en chantier" 
    Ces compagnies sont accueillis avec une volonté de leur donner une première chance, un premier lieu où créer.
    Elles sont suivies, une question d’administration du projet.

 

  • Résidence "création de plateau et répétitions"
    De bonnes conditions dans les capacités de la structure : 1 à 2 salles avec une équipe technique à disposition ainsi qu’un appartement pouvant accueillir 7 personnes avec un défraiement pris en compte.

 

  • Résidence "création partagée"
    Par trimestre, une compagnie pour trois semaines est accueillie. Un billet de 1000 euros et la possibilité d’occuper les salles leur sont offert, en retour la compagnie s’engage à animer des temps en dehors de leur création.  

 

D’autres temps forts et activités complémentent les accueils en résidences :

  • « Le samedi Minoterie » : un accueil de public avec la compagnie en création partagée. Les familles savourent un travail de médiation en amont autour de visites, d’observations de moments de travail en cours, nourrissant des échanges et interactions.
  • « Un nécessaire à théâtre » pour animer des temps de formation des professeurs, dans cette volonté de tendre vers l’objectif d’être un lieu ressource, (Pôle de Ressources pour l'Education Artistique et Culturelle) et apporter des éléments concrets et réflexifs pour les animateurs également, suite aux réformes des rythmes scolaires. 
  • Une troupe de théâtre ado avec des ateliers du regard et de pratique.
  • Des temps parents/enfants. Pour ce qui est du théâtre à l’école, il y a peu de moyens mais la Minoterie recherche activement du mécénat pour pouvoir répondre à cette envie et nécessité. 

 

Quelques mots sur les enjeux, le futur?

Le ministère souhaite qu’il y ait des lieux pour le théâtre jeune public, un lieu ressource même. La question se pose de devenir une scène conventionnée pour le jeune public mais cela sous entend devenir un lieu de diffusion plus qu’un lieu de création et de répétitions.
Les cases diffèrent sensiblement et des réflexions sont en cours pour penser de nouvelles collaborations (côté cour, un réseau de diffusion) ces potentiels changements.

 

 

«  Il y a une volonté de faire clan dans la culture.
On parle quand de jubilation?
et pas seulement de "l’auteur a voulu dire que" »

Christine Martin, élue à la culture sur la ville de Dijon.

 

 

 

 

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