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La Cité du Design de Saint-Etienne vue de l’extérieur

Après la présentation du rôle, des missions et de l’organisation de la Cité du Design, nous avons eu le privilège d’assister à une visite guidée du site. Agnès Soubeyrand, médiatrice au sein du Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, nous a présentés ce dernier: un bâtiment moderne érigé devant la façade de l’ancienne Manufacture d’Armes. Celle-ci a longtemps été un des principaux centres d’activités industrielles et économiques de Saint-Etienne.

Un peu d’histoire

Au XVème siècle, sous François 1er, se constitue à Saint-Etienne un centre important de production métallurgique avec notamment  la fabrication d’armes. La ville de Saint-Etienne a rapidement été pensée comme un lieu stratégique ; ceci grâce à sa situation géographique à proximité des montagnes qui la rendait difficile d’accès.

En 1665 sous Louis XIV, le "Magasin royal des armes" de Paris était alimenté par Saint-Etienne.
La Manufacture joue un rôle très important pendant la Révolution française. Napoléon, au XIXème siècle, choisit le site et fait construire sur celui-ci la manufacture actuelle. En 1916 est fabriqué le fusil d’assaut autrement appelé FA-MAS. Puis celle-ci a été un lieu important de la Résistance durant la deuxième guerre mondiale. Certains ouvriers sabotaient en effet les armes qu’ils devaient livrer aux Allemands. La Manufacture a cessé de fonctionner en 2001.

Aujourd’hui

En 2000, la ville de Saint-Etienne a obtenu le label « Ville Art et Histoire » ; label qui a pour but de valoriser les savoir-faire de cette ville datant du Moyen-Age (rubanerie, industrie du charbon, l’industrie du cycle) et son riche patrimoine industriel.

La Cité du Design a été pensée et réalisée par une agence berlinoise : l’agence LIN. L’édifice  se nomme " la Platine " en référence à un fusil. Il accueille en son sein l’Ecole supérieure d’art et du design de Saint-Etienne et la biennale de la Cité du Design qui a fêté son 10ème anniversaire en 2008.
Son architecture tant intérieure qu’extérieure est complexe. "La Platine" est équipée d’un système de chauffage et de climatisation fonctionnant grâce à un puits canadien, d’un plancher chauffant et de murs composés de triangles modulables, de filtres UV et de doubles-vitrages. L’agence berlinoise a joué sur le contraste entre la modernité du nouveau bâtiment et l’ancienne manufacture dont les murs datent du XIXème siècle. A la suite de la rénovation de cette dernière, celle-ci est devenue une résidence d’artistes.
L’agence LIN a édifié "la Tour d’observatoire" afin d’avoir une vue d’ensemble du site durant les travaux. Celle-ci n’a pas été détruite et s’intègre à cet ensemble novateur en représentant la verticalité dans une architecture dite horizontale.

La Cité du Design est une passerelle entre un passé industriel récent et l’envie de s’inscrire dans la modernité. Outre la Cité du Design, le centre de recherche et d’enseignement dans le domaine de l’optique vision est installé dans les locaux de l’ancienne manufacture.
Reste la question du devenir des autres bâtiments laissés en friche sans projet d’affectation pour le moment.

Nous avons eu le plaisir, lors de notre voyage d’étude à Saint-Étienne, de découvrir la Cité du design. Cette jeune institution publique créée en 2005, et inaugurée en octobre 2009, s’inscrit dans le projet de développement territorial de l’agglomération stéphanoise, et en est même sans doute l’un des piliers les plus visibles, de par son architecture futuriste et sa situation, devant l’ancienne manufacture d’armes.

Elle prolonge la mission de valorisation de cette nouvelle discipline qu’est le design, impulsée par l’Ecole des Beaux arts de Saint-Étienne dès 1998, école qui est à l’origine de la Biennale Internationale Design. Cette école, aujourd’hui ESADSE (Ecole Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne) est installée aux cotés de l’institution, sur le site le l’ancienne Manufacture d’armes.

Gérée aujourd'hui par un syndicat mixte, la Cité du design deviendra en 2010 un EPCC, (Etablissement public de coopération culturelle). Son équipe est composée d’environ 35 personnes en charge des nouvelles missions de cette institution, qui développe par ailleurs des partenariats dans toute la région Rhône-Alpes.

La valorisation du design constitue la priorité de la Cité du design, sans mission de conservation. Les principaux services sont répartis dans différents pôles : le pôle administration, le pôle production (qui met en place les expositions et la biennale, les années paires), le pôle recherche (qui développe d’une part le travail avec des professionnels du design, sur la réduction des consommations d’énergies par exemple, et d’autre part un service d’édition), le pôle communication, qui inclut le service des publics (qui effectue un travail d’accueil et de sensibilisation auprès des publics individuels, des professionnels, des étudiants, des scolaires, des institutions privées et publiques puis, à l’avenir, nationales et internationales). La Cité du design est également équipée d’une matériauthèque, qui privilégie la découverte des nouveaux matériaux et procédés susceptibles d’initier l’innovation, cet espace est le seul de ce type en France à être ouvert au grand public.

Nous avons rencontré, au cours de cette visite, Magali Théoleyre, chargée des relatiions avec les publics et Johanna Lorient, chargée de communication, qui semblent toutes deux très investies par leurs nouvelles missions, dans un contexte totalement nouveau. En effet, comme elles nous l’ont expliqué « tout est à imaginer » en ce qui concerne la médiation autour du design, en particulier le travail de sensibilisation des publics scolaires et des publics dits « empêchés ». La discipline étant proche du quotidien, elle permet de développer des passerelles intéressantes pour la médiation, d’autant plus que le design est devenu au fil du temps une sorte de « spécialité stéphanoise ».

Le temps fort de la biennale a déjà permis l’accueil de 85 000 visiteurs dont 15 000 scolaires en l’espace d’une semaine en 2008, nous souhaitons donc beaucoup d’imagination à toute l’équipe pour développer ses actions innovantes.

Elise Carpentier