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Art et Environnement urbain au cœur de la Biennale de Nantes

Le projet de reconstruction urbaine entrepris sur l’Ile de Nantes s'est vu relayé dès 2007 par des initiatives culturelles menées à l’emplacement des friches industrielles. Olivier Caro du Hangar 32, que nous avons rencontré, a insisté sur la Biennale de Nantes, baptisée Estuaire, comme un des leviers stratégiques de la rencontre entre projet urbain et projet culturel.

Les anneaux de Daniel Buren sur les bords de Loire

A l’initiative de Jean Blaise, fondateur du Lieu Unique, la Biennale se fixe comme but premier de mettre en valeur le projet urbain dans une perspective élargie jusqu’à l’estuaire: une promenade fluviale de 60 km entre Nantes et Saint-Nazaire invite le public à découvrir une trentaine d’œuvres contemporaines créées in situ pour l’occasion, accessibles aussi depuis la rive. La première édition, qui a vu le jour en 2007, permettait ainsi d’attirer l’attention sur l’avancée du projet urbain de l’Ile de Nantes tout en l’inscrivant dans son passé portuaire et industriel, fondateur de l’identité de la ville. Les œuvres, pérennes ou éphémères, signées de la main d’artistes nantais, français ou internationaux, ont pour point commun d’inviter le spectateur à porter un regard neuf sur le fleuve ou l’un des paysages qui le bordent, entre réserves naturelles et chantiers navals impressionnants. Que ce soit les anneaux de Daniel Buren et de Patrick Bouchain à Nantes , la suite de triangles de Felice Varini à Saint-Nazaire ou le jet d’eau monumental de Jeppe Hein à Coüeron en bord de Loire, chaque œuvre offre une perspective renouvelée du fleuve et de ses rives. La première édition d’Estuaire a ainsi remporté un grand succès : 770 000 billets ont été vendus durant l’été à un public qui a pu ainsi s’approprier un nouveau quartier en mutation, le replacer dans son passé industriel et dans son contexte fluvial. L’événement, son succès et le coup de projecteur qu’il a pu donner au projet Ile de Nantes a aussi permis d’emporter plus rapidement la décision de construction d’un pont reliant la ville et son île. L’édition 2009, dors et déjà programmée autour du même concept, attend un succès tout aussi vif avec la création de nouvelles œuvres dans de nouveaux sites.

Aude VEDRINES